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09.07.2018

mien pham





Rencontre avec la personne la plus cool de Saigon.




Mien est une personnalité de Saigon. Il est impossible de décrire ce qu’elle fait en quelques mots : elle danse, joue au théâtre, dans un clip, pose devant l’objectif, interview derrière l’objectif…
Mien dit rarement non quand la clique créative de Saigon lui propose un nouveau projet. Et elle assure en parallèle son travail pour Grab, en tant que responsable de contenu de marque. Mien a pris le temps de nous rencontrer plusieurs fois, pour notre plus grand plaisir.




@Presque


Ouverture d’esprit sincère, dynamique ultra-positive, réflexion sur la vie… Entretien avec Mien Pham.



Commençons par le début, d’où viens-tu ?

Il y a un monde entre mon enfance et ma vie d’aujourd’hui à Saigon ! Je suis née et j’ai grandi dans le nord du Vietnam, à Hanoï. Je suis fille unique, avec des parents qui ont toujours attendu de moi que je reste près d’eux toute leur vie, comme le veut la tradition.
D’ailleurs, jusqu’en 2015, j’étais persuadée que déménager à Saigon n’était qu’une tendance. J’ai mis du temps à réaliser et à accepter qu’il y avait vraiment plus d’opportunités là-bas, en tant que capitale économique de pays !


« Je suis fille unique, avec des parents qui ont toujours attendu de moi que je reste près d’eux toute leur vie, comme le veut la tradition. »



Comment es-tu arrivée jusque Saigon ?

Je pense que le point crucial a été le stage de 4 mois que j’ai pu faire aux Etats-Unis, en 2010. C’était la première fois que je quittais Hanoï, à 21 ans. Je me suis adaptée à la culture US très rapidement. C’est en rentrant que j’ai eu un choc des cultures ! Je me suis rendue compte que j’allais tourner en rond, et que je n’allais pas pouvoir habiter dans la même ville toute ma vie.


« Je me suis adaptée à la culture US très rapidement. C’est en rentrant que j’ai eu un choc des cultures ! »



Je suis restée encore 5 ans à Hanoï, à sortir de ma zone de confort pour remettre en question les principes que l’on m’avait inculqués. J’ai oscillé entre des métiers qui me ressemblent et d’autres qui me ressemblent moins : assistante de direction avec jupe et escarpins au quotidien ? J’ai tenu 2 mois !

En 2013, j’ai eu l’opportunité d’assister l’équipe rédactionnelle de FWD, 1er magazine underground d’Hanoï. Ca m’a plu, et j’ai voulu continuer dans cette direction. En 2015, j’ai alors postulé pour Barcode, un magazine lifestyle de Saigon, en tant que rédactrice et j’ai été prise.





Comment ont réagi tes parents ? 

En moins de 3 semaines, je leur ai annoncé 3 nouvelles bouleversant complètement leur conception de la vie telle qu’ils la voient pour eux et pour moi, leur fille unique. Je leur ai dit que je partais vivre à Saigon, emménager avec mon copain et qu’on avait organisé un road trip en moto pour s’y rendre. Il faut vraiment comprendre que c’est énorme comme annonce ici. Les parents ont des valeurs très ancrées dans la culture vietnamienne : les enfants doivent rester proches des parents pour en prendre soin.

Ils n’ont pas vraiment voulu me parler pendant 6 mois. Mais à force de les appeler, j’ai essayé de leur montrer que l’on pouvait s’aimer autrement, qu’une relation longue distance avec ses parents apportaient autre chose, une autre dimension intéressante.

Une fois à Saigon, qu’as-tu fait ?

Après quelques mois et une rupture, j’ai commencé à embrasser l’énergie qu’il y avait ici. Je suis rentrée dans l’ouragan de cette ville : ici tout va vite. Les gens se parlent, veulent collaborer, les disciplines se croisent, et tout est mis en œuvre pour que chaque idée prenne vie. Saigon est en plein boom et ça se ressent au quotidien, avec des projets expérimentaux qui fusent. Il y a ce chaos ambiant que j’adore, avec une compétition saine. Par exemple, il y a cette communauté qui s’appelle 42 the hood : ce sont des créateurs de vêtements qui ont tous leur propre marque. Ils sont pourtant tous amis et ont créé cette page Instagram commune. Ils organisent des ventes et évènements ensemble. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’énergie collaborative qu’il y a à Saigon !

 
@42 The Hood


« Ici tout va vite. Les gens se parlent, veulent collaborer, les disciplines se croisent, et tout est mis en œuvre pour que chaque idée prenne vie. Saigon est en plein boom et ça se ressent au quotidien, avec des projets expérimentaux qui fusent. Il y a ce chaos ambiant que j’adore, avec une compétition saine. »




Aujourd’hui, quelle est ta relation avec les réseaux sociaux ?

Je suis beaucoup moins connectée. Je préfère avoir plus de temps pour des activités hors ligne ! Je me suis aperçue en travaillant chez Barcode que les réseaux te donnent beaucoup d’infos, mais finalement inutiles pour la plupart. Quelqu’un peut avoir beaucoup de followers, mais ce qu’il fait peut être creux. Et puis surtout, les réseaux nous incitent à une curiosité paresseuse : on scroll sans fin, pour voir des choses qu’Instagram ou Spotify ou Facebook veut nous montrer car « c’est susceptible de nous plaire »... où est passé le fun et la liberté de l’exploration ? On ne va plus chercher pendant des heures des blogs nichés au fin fond des pages de recherches Google pour découvrir de nouveaux artistes et je trouve ça dommage. Au même titre que l’on passe plus de temps en ligne qu’hors ligne, à construire des projets avec les autres. Je me suis donc re-concentrée sur ce que je fais hors ligne pendant mon temps libre.



« Les réseaux nous incitent à une curiosité paresseuse : on scroll sans fin, pour voir des choses qu’Instagram ou Spotify ou Facebook veut nous montrer car « c’est susceptible de nous plaire »... où est passé le fun et la liberté de l’exploration ? »




Comment trouves-tu l’équilibre entre ta vie professionnelle et ta vie personnelle ?

J’ai la chance d’avoir trouvé un métier qui me plait, dans une entreprise structurée et qui m’offre une certaine sécurité. Et surtout j’ai la chance d’avoir du temps à côté pour nourrir ma créativité. J’ai besoin de ces deux aspects dans ma vie. Je pense que chacun peut trouver son propre équilibre, à condition de prendre le temps de s’écouter et se connaître pour amener sa vie à son idéal avec les bonnes personnes autour de soi.


Sur quels types de projets créatifs travailles-tu ?

A peu près sur tout type de projet, tant que c’est nouveau pour moi ! Je danse, je joue au théâtre, je pose... je dis rarement non. Par exemple, j’ai été un des personnages du dernier clip d’Isaac Delusion pour le son Distance.





@Isaacdelusion


Ou encore, j’ai posé pour la marque Mignonne.


@dear cuteness-lovers


« Je ne recherche que de l’exploration libre ! »



@Mien Pham


Et pour la suite ?

Je veux rester à Saigon pour le moment : j’adore le chaos ambiant, mon rythme de vie, mon entourage...même si je dois admettre qu’Hanoï me manque. Surtout les lacs : des lieux où tu peux véritablement reprendre ton souffle, au calme !

















Merci à Mien et Florian pour leur disponibilité sans faille pendant tout notre voyage !
Mark
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